Sed Non Satiata — Soma

La brume a envahi la plaine aux couleurs fauves
elle a recouvert les lacs immobiles et sombres.
C’est désormais, le gris qui domine.
C’est désormais, la mort qui se dessine.

Je sens dans ce souffle froid venant du Nord, la mort…
Je sens la mort dans cette épaisse brume que rien ne saurait arrêter;
pas même les flammes automnales,
pas même les lueurs estivales.

Je sens la mort dans ce vent froid venu du Nord,
dans le silence de ces eaux et dans mon corps,
que rien ne pourra ranimer,
pas même les velléités d’une vie à demi-assoupie

Et c’est le regard sombre, la gorge serrée
que j’assiste à la mort de cet Homme en qui je croyais.

Mais pourvu que dans le ciel la couleur
et dans tes yeux la lueur
brillent un jour de nouveau,
illuminent mes jours à nouveau.

SED NON SATIATA – DES RUINES

On devrait peut-être encore se questionner
sur la manière qu’on a de procéder
car quand ce monde s’effondrera
sur ce tas de ruines quelles voies on choisira?

Sera t’il possible de redonner forme à ces ruines
sans d’abord briser les chaines qui sur le quai
de l’ancien monde retiennent nos idées, nos pensées.

Ou nous laisserons nous dériver au gré des ondes,
au delà des slogans de bouches sales et d’idées héritées?
Il faudra d’abord apprendre à vivre ou à survivre
car quand ce monde s’écroulera que deviendra-t’on?

Quand s’effondrera ce monde
sous les quelques yeux troublés
de ceux qui naïvement pensaient
que tout (ceci) n’a de terme.

sur ces vieux corps la vie a tracé
d’épais sillons, des chemins oubliés
sur ces vieux corps le temps finira
de marquer sa trace pour ne pas oublier.

Il faudra apprendre à lire
dans ces sillons, dans les lignes
que sur ces vieux corps le temps a tracé,
à lire la honte sur les visages plissés.

A toujours vouloir la sécurité
on en oublie la vulnérabilité
d’une ville plongée dans le noir,
de ses corps livrés au jeu du hasard.

Les conséquences: quelques sourires noyés
dans des torrents de larmes.

Daïtro – Part II

“Aimez vous les uns les autres!”
Ou alors “avec nous ou contre nous”
C’est bon pour ceux qui ont besoin de leurs ration quotidiennes de mea-culpa.

Mais je ne suis pas ici pour aimer ou d?ster tout le monde
Je n’y arriverai pas
Et surtout je n’y crois pas.
Et c’est tant mieux…

Alors tu peux continuer de danser
Que tu marches sur un mur
Ou que tu construises une tour
Si tu tombes
Eu trouves toujours un moyen de les remonter.

Et si jamais tu veux partir
Personne n’essaiera de t’en dissuader.

 

Belle Epoque — Une simple étoile

Individus passionnés par leur paraître Nous ne voyons plus que ça Ignorer le tiers pour leur bien être C’est chacun pour soi
C’est ça la joie ? Pas pour moi…

Génération rendue heureuse par les paillettes C’est de la poudre aux yeux
A croire qu’en étant muni des bonnes cartes Et de l’uniforme conforme aux lois du prestige On accèdera aux vertiges du pouvoir On accèdera aux vestiges du couloir Qui était hier encore, tapissés de cette simplicité Qui faisait tout le charme et la singularité de nos corps

En l’état presque mort on a opté Pour la vanité et le règne d’une prétention sans pareil

Le règne de la prétention s’apparente Au ciel d’un soir d’automne défait de ces étoiles Couvrant ainsi de noir ce champ de personnes rongées, Ce lot d’esprits froissés… Ce champ de personnes rongées par la peur de mal paraître Sous la lumière du jour de gloire

Génération rendue heureuse par les paillettes… Les artifices de vies factices C’est de la poudre aux yeux pour aveugler et occulter les grises pensées De ces belles gueules endimanchées
Se retourner et constater que l’on est devenue qu’une simple étoile Une simple étoile parmi tant d’autres…

Mihai Edrisch — Mourir


Le souffle coupé, les pieds apaisés, j’essaye avant tout de ne pas faiblir, de ne penser qu’à cette obsession. Il faut que j’emporte son image à jamais, afin ne pas oublier pourquoi je suis ici. Que ce pas en avant serait futile, si je m’en allais vivre une plénitude heureuse, inconscient de cette fleur malheureuse, prête à me cueillir au premier faux pas. Il faut que je tienne et que j’attende, que je ne regrette rien. Comme une dernière image, celle que je veux peut être garder de nous, je serai là, pour toujours, suspendu à tes lèvres…

Le pré où je suis mort — Terre promise

Une brume épaisse recouvre cette mer calme et limpide
Le sable est encore frais et reste couvert par une rosée qui tarde à disparaître
Le soleil berce peu à peu le décor de ses rayons
Et chaque composante de ce tableau annonce ton départ comme une sentence
Terre promise, terre de feu
Tous espèrent le bonheur
Mais au prix de leur liberté
Arrivé au terme de ton voyage
C’est un monde hostile que tu découvres
Où chacun navigue seul et à contre courant
Terre promise, terre de feu
Tous espèrent la fortune
Mais au prix de leur liberté